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L'Actualité

Culture - 12/03/2019

On n’a jamais fait jamais le tour des villes moyennes

Dans le cadre du festival Hors Limites, une rencontre croisée avec Marion Brunet, auteure lauréate du Grand prix de littérature policière 2018 et Nicolas Mathieu, Prix Goncourt 2018 est organisée à la Médiathèque vendredi 12 avril 2019

"L’Été circulaire" , de Marion Brunet ; "Leurs enfants après eux" de Nicolas Mathieu : ces deux romans primés de 2018 et que bien des choses rapprochent racontent ainsi la jeunesse des bleds et des villes moyennes.
Deux romans politiques, qui interrogent le sentiment d’appartenance à la Nation depuis les identités plurielles des territoires qui la composent…

Interview de Nicolas Matthieu, parue dans Bajomag' N°40

Dans le cadre du Festival Hors Limites, vous êtes l’invité de la Médiathèque de Bagnolet, vendredi 12 avril.
Qu’est-ce que vous inspire la promotion de la littérature, de la lecture, en banlieue ?

Elle m’inspire un sentiment mitigé. Il est absolument évident pour moi que la littérature recèle une immense puissance d’émancipation et qu’elle peut donc arracher des gens à leur condition, leur milieu, qu’elle peut leur permettre de s’élever socialement et qu’au-delà, elle est pour chacun d’entre nous l’occasion magnifique de devenir un peu moins con. Mais la promotion de la culture (ou du sport) dans les espaces en difficulté sert souvent de paravent. En organisant des tournois de foot et des événements culturels, et on s’en tire à bon compte. Je me demande s’il ne s’agit pas, dans certains cas, d’un nouveau type de philanthropie qui permet de se donner bonne conscience, sans jamais engager les changements de fonds qui pourraient véritablement modifier la donne. Pendant qu’on fait des bonnes oeuvres, on se dispense de se poser des questions plus épineuses, comme celle de l’affectation des richesses dans une économie libérale, du fonctionnement de l’école, de l’égalité des places dans une société de l’abondance, etc.

Vous êtes Prix Goncourt 2018.
Qu’est-ce que cette récompense a changé pour vous en tant qu’écrivain ?

Tout d’abord, elle m’a privé – temporairement j’espère – du temps nécessaire à l’écriture ! Ce qui change aussi avec ce prix, pour un auteur, c’est le poids dont sont lestées sa parole et son écriture. Ce Goncourt représente une énorme chambre d’écho. Dans une économie du livre, où la plupart des textes sont condamnés à l’ombre, je me retrouve tout à coup sous un projecteur très puissant. Il s’agit d’une chance, et d’un risque. Je suis dans la lumière, donc plus exposé.

Vous dîtes que le chemin de l’écriture a été long et douloureux.
Quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient se lancer sur ce chemin périlleux ?

Quand j’interviens dans des établissements scolaires, j’aime bien citer devant les élèves cette phrase de Joe Louis, un ancien champion du monde poids lourd de boxe. On lui avait demandé au terme de sa carrière quel bilan il tirait de ses succès. Il avait répondu : « J’ai fait du mieux que j’ai pu, avec ce que j’avais. » La deuxième partie de la phrase est cruciale. Il faut commencer par déterminer ce qu’on a quelles facilités, quelle expérience de la vie, quelle histoire, quelles faiblesses. Pour le reste, ça se résume à un verbe : TENIR.

On n’a jamais fait jamais le tour des villes moyennes
Rencontre croisée, Nicolas Matthieu et Marion Brunet, dans le cadre du Festival Hors Limites
Vendredi 12 avril 2019 - 19h

Médiathèque
1, rue Marceau - Bagnolet
Entrée libre - Tout public
01 49 93 60 90

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